L'Histoire (la grande !)

La Guerre de Cent Ans 1/2

Introduction

Ah ! La Guerre de Cent Ans. Sans doute l’un des moments à la fois les plus célèbres de notre Histoire, celui qui a fixé pour des siècles le ton de nos rapports avec l’Angleterre (l’ennemi numéro 1 de la France jusqu’à la fin du XIXe siècle, quand la palme lui sera – bien tardivement – ravie par la Prusse-Allemagne !) et donc fait de l’Anglais le traditionnel rival dont on ne saurait jamais assez se méfier, et l’un des chapitres majeurs de notre scolarité, aux côtés de Clovis, de Charlemagne, des Romains, de Louis XIV, de la Révolution, de Napoléon et des deux Guerres Mondiales… Et, pourtant, paradoxalement, l’un des pans de notre Histoire les moins bien connus du public. J’aurais presque envie de dire qu’en interrogeant aléatoirement les gens dans la rue, si vous arrivez à obtenir des réponses incluant Jeanne d’Arc, Bertrand du Guesclin, le Prince Noir et même l’idée d’un conflit franco-anglais, vous aurez déjà de la chance !

Car, oui, tout le monde connaît Jeanne d’Arc, tout le monde a entendu parler de Du Guesclin, beaucoup (dans le Sud-Ouest, du moins) savent que l’Aquitaine fut, pendant exactement 3 siècles, anglaise, mais quelle proportion de la population fait pour autant le rapprochement entre ces détails épars et la fameuse Guerre de Cent Ans ?

Moins, en tout cas, que celle qui est capable de faire de 1789 la date de la Révolution française.

Abordant moult aspects de ce long conflit dans mon roman L’Ecossaise d’Inverness (oui, oui, malgré le titre !^^), j’ai décidé de profiter de la publication de ce dernier opus pour rappeler quelques détails concernant ce fameux épisode de notre Histoire médiévale…

Causes et remise en contexte

Celle que l’on appelle (très injustement) « Guerre de Cent Ans » fut en réalité une succession de guerres à répétition ou, si vous préférez, un long conflit entrecoupé de trêves, de traités, de périodes d’accalmie, et qui s’étendit en réalité sur 116 ans, de 1337 (déclenchement concret des hostilités) à 1453 (bataille finale de Castillon, célébrée chaque année au village de Castillon-la-Bataille par un magnifique spectacle estival – j’y ai vendu mes romans en 2021 et 2022 !^^).

En réalité, le conflit prend ses racines encore bien des décennies avant 1337 et avait déjà vu nombre d’escarmouches et de faits d’armes opposer la France et l’Angleterre, pour la bonne et simple raison que les causes profondes du conflit prennent elles-mêmes leurs racines bien avant le milieu du XIVe siècle. En fait, les événements de 1337 ne viennent que (re-)mettre le feu aux poudres : mais le conflit est latent (voire déjà explicite) depuis des décennies (et même, pour une partie du problème, depuis plus de trois siècles !)

En effet, deux causes majeures sont aux sources de cette très longue rivalité franco-anglaise, dont l’une remonte… à l’époque de Guillaume le Conquérant, et plus précisément à la date, ô combien célèbre, de 1066 ! Mais voyons cela en détail.

Des rivalités territoriales pluriséculaires

Lorsque Guillaume de Normandie (aussi dit Guillaume le Bâtard puis, bientôt Guillaume le Conquérant – et pour cause !-) se lance à la conquête du trône d’Angleterre en 1066 (soit près de 3 siècles avant le début officiel de la Guerre de Cent Ans !), il est loin de se douter que, par effet ricochet, son éclatante victoire sur la maison de Wessex sème avec elle la graine de plusieurs siècles de conflits. Car, avec la célèbre victoire à Hastings du duc de Normandie, c’est un problème de taille qui émerge – et qui ne s’était encore jamais posé – : l’Angleterre passe aux mains d’un noble français… ce qui, par effet ricochet, fait de lui, puis de ses descendants (la maison de Normandie, puis la dynastie Plantagenêt), des rois anglais… qui possèdent nombre de fiefs en France ! La (vaste) Normandie, pour commencer (le tout nouveau roi d’Angleterre, Guillaume, n’en demeure en effet pas moins duc de Normandie, et son fils également après lui !) ; puis, à partir de l’accession au trône de son descendant Henri Plantagenêt (par sa mère Mathilde), en 1152 : le Maine, l’Anjou, la Touraine… et, enfin, à partir de 1154 et du mariage d’Henri (devenu roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II) avec Aliénor d’Aquitaine, toute la Guyenne et la Gascogne, un immense territoire courant de la Loire aux Pyrénées et de l’Atlantique à l’Auvergne ! (cf. mon roman Indomptable Aquitaine, dans lequel je parle justement de cet immense fief français, le plus grand de son temps).

Ainsi, avec le couple Henri-Aliénor, un siècle après la prise de possession du royaume d’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la Couronne d’Angleterre possède une quantité proprement incroyable de terres sur le continent : la Normandie, la Loire, l’Aquitaine… Un empire colossal… et la plupart des fiefs traditionnellement placés sous l’autorité du roi de France (en fait, plus de la moitié du royaume) !

Le problème – on s’en doute – est le suivant : le roi d’Angleterre se retrouve, en théorie, vassal du roi de France… pour toutes ses propriétés sur le continent. Ce qui le contraint, à intervalles réguliers, à venir présenter hommage au roi capétien… alors qu’il est, par ailleurs, monarque d’un royaume rival nullement inférieur, sur le papier, au royaume de France !

On a là l’un des premiers (et fondamentaux) ferments du conflit franco-anglais : le roi d’Angleterre est à la fois rival au monarque français (sur un pied d’égalité)… mais également seigneur de territoires placés sous son autorité, et pour lequel il lui doit, selon le droit féodal, respect et obéissance !

Une situation intolérable, on s’en doute, qui pose très vite problème : pendant des siècles (sous Philippe Auguste notamment), le roi de France réclame régulièrement son dû de la part du duc de Normandie, d’Aquitaine etc. (hommage, allégeance, ralliement sous sa bannière, loyauté, redevances…), et le roi d’Angleterre, de son côté, a de plus en plus de mal à s’exécuter sans broncher dans le cadre de démarches, on s’en doute, fort humiliantes pour lui.

Le problème se pose en des termes d’autant plus crus que ces fiefs continentaux, notamment l’Aquitaine, son particulièrement riches et vastes… bien plus vastes, en tout cas, que le domaine royal français lui-même !

Résultat : dès le XIIe siècle, les territoires français aux mains des rois anglais sont régulièrement attaqués par le roi de France, confisqués, réprimés, mis sous pression, au point que certains historiens parlent même d’une première Guerre de Cent Ans, de 1154 à 1258, au cours de laquelle le grand Philippe Auguste récupère, soulignons-le, la Normandie, premier fief continental à être perdu par l’Angleterre (perte d’autant plus douloureuse et symbolique que c’était le fief d’origine de Guillaume le Conquérant, ancêtre tant de la maison de Normandie, qui règne sur l’Angleterre de 1066 à 1152, que de celle des Plantagenêts, qui lui succède de 1152 à 1399 en ligne directe, et même jusqu’en 1485, si l’on inclut les règnes issus de deux de ses branches cadettes, les Lancastre et la maison d’York !).

Quand prend fin cette « première Guerre de Cent Ans », au milieu du XIIIe siècle, le roi d’Angleterre ne possède, en réalité, presque plus que l’Aquitaine sur le continent… et, de par le traité de Paris de 1259, il est bien rappelé qu’il est, en tant que duc d’Aquitaine, toujours vassal du roi de France…

En cause donc : le complexe système féodal et ses contradictions qui, ici comme partout ailleurs, ne pouvaient que conduire à l’anarchie (problèmes d’héritages, velléités indépendantistes des vassaux, paradoxes des féaux possédant bien souvent de plus grands fiefs que leurs suzerains, volonté expansionniste des monarques souhaitant étendre leurs domaines royaux au détriment des barons, autonomisation croissante de ces derniers etc.).

La tension baisse pendant 80 ans, de 1258 à 1337, même si certains événements, notamment entre 1293 et 1298, mais aussi en 1324, viennent rappeler que ce conflit reste latent et que la situation est loin d’être résolue : les rois d’Angleterre doivent continuer de prêter allégeance à leur suzerain français pour leurs propriétés territoriales, les rois français continuent de rappeler leur souveraineté à coups d’abus de pouvoir, de tours de force, d’exigences, de saisies, d’arbitrages autoritaires et d’ingérence dans la gestion de la Guyenne (nom médiéval de l’Aquitaine)… Bref, cette situation, intolérable pour les rois anglais, ne pouvait conduire qu’à la reprise, tôt ou tard, des hostilités…

Il ne manquait qu’un prétexte : il survient avec la crise dynastique dont souffre bientôt la lignée capétienne…

La dynastie capétienne en péril : de graves problèmes de succession… qui vont mettre le feu aux poudres

C’est un épisode bien connu de l’Histoire de France, entre autres grâce à Maurice Druon et à son célèbre cycle romanesque Les Rois Maudits, qui expose en détail l’émergence de cette crise de la mort de Philippe IV le Bel en 1314 à celle de son dernier fils, Charles IV, en 1328.

Voici, en deux mots, comment la lignée directe des Capétiens vint à s’éteindre en quatorze ans à peine, malgré l’existence de nombreux héritiers directs et de sexe masculin au moment du décès de Philippe IV le Bel, célèbre combattant des Templiers, puissant ennemi de l’Angleterre et glorieux descendant de Saint Louis et de Philippe Auguste…

Philippe IV s’éteint en 1314, peu de temps après avoir fait exécuter le Grand Maître des Templiers, qui aurait lancé sur la dynastie capétienne la fameuse malédiction relatée par Maurice Druon dans le tome 1 de sa très célèbre saga.

A sa mort, la monarchie capétienne semble solide et assurée : Philippe a trois fils dans la force de l’âge. Pourtant, la lignée va s’éteindre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire avec :

  • La mort de Louis X le Hutin, le fils aîné de Philippe, en 1316
  • La mort du fils posthume de Louis, Jean Ier, qui ne vit que 4 jours et meurt en 1316 également
  • La mort de Philippe V le Long, frère cadet de Louis X, en 1322
  • La mort de Charles IV le Bel, le benjamin de la fratrie, en 1328.

C’est alors la première fois depuis l’élection d’Hugues Capet (le fondateur de la dynastie) au trône de France en 987 qu’un roi capétien meurt sans héritier mâle direct. Louis X et Philippe V avaient chacun une fille, mais, en raison de leur sexe, elles ont été toutes deux écartées du trône à la mort de leur père, de même qu’Isabelle de France, leur tante, fille du roi Philippe le Bel et sœur de Louis X, de Philippe V et de Charles IV.

Deux prétendants mâles sont alors en lice :

  • Edouard III, roi d’Angleterre et fils d’Isabelle de France (fille de Philippe IV le Bel, on l’a vu, et épouse d’Edouard II d’Angleterre), qui a été tout d’abord écarté de la succession du fait qu’il ne pouvait hériter d’un trône par l’intermédiaire de sa mère (le problème s’était déjà posé du temps de l’accession au trône d’Henri II Plantagenêt par sa mère Mathilde, fille d’Henri Ier Beauclerc mort sans héritier mâle – j’ouvre d’ailleurs mon roman Indomptable Aquitaine sur ces considérations, en 1137).
  • Et Philippe de Valois, fils de Charles de Valois (frère cadet de Philippe IV le Bel) et donc cousin des trois derniers rois, Louis, Philippe et Charles.

Philippe VI a alors 35 ans et Edouard, 16. L’assemblée des grands du royaume choisit Philippe pour sa maturité (entre autres) et Edouard III laisse faire et vient même prêter hommage à Philippe pour son duché d’Aquitaine, comme le veut l’usage, et donc le reconnaître comme suzerain.

A noter : la loi salique n’est alors pas encore réellement évoquée (elle ne le sera que quand Edouard III viendra concrètement revendiquer le trône de France, en 1337). De par cette ancienne loi du VIe siècle, une femme ne pouvait accéder au trône et, par là même, sa descendance (même masculine) non plus : la couronne ne pouvait être transmise par lignée féminine…

Avec Philippe VI, c’est la branche des Valois, cadette des Capétiens, qui prend la relève… et restera au trône jusqu’à l’arrivée des Bourbons par l’intermédiaire d’Henri IV, quelque 250 ans plus tard ! La lignée directe des Capétiens s’éteint. Place aux Valois !

Le déclenchement des hostilités

L’Aquitaine reste cependant, et depuis des siècles maintenant, la pomme de discorde entre la France et l’Angleterre. Dès que les officiers du roi de France font un peu trop de zèle, que les Gascons en appellent à l’arbitrage du roi de France en boycottant leur duc (anglais), ou que l’Anglais refuse de reconnaître les droits de son suzerain français, la tension monte.

C’est ce qui se produit dès le début du règne de Philippe VI, qui a accédé au trône en 1328.

En effet, Edouard III (qui a accédé au sien, en Angleterre, un an plus tôt, en 1327, et sera donc le grand opposant de Philippe pendant toute la première phase de la guerre) est bien venu prêter hommage, mais il a fallu lui forcer quelque peu la main : Edouard a retardé l’humiliante cérémonie autant qu’il l’a pu, n’a pas manqué d’émettre certaines réserves au moment d’obtempérer, Philippe a dû confisquer les revenus du duché pour qu’Edouard se plie à sa volonté et, peu content de sa prestation, exige même de lui qu’il revienne peu après pour renouveler son serment !

Edouard refuse alors. La tension monte et chacun commence à se chercher des alliés et à mettre la pression à son opposant (d’autant que le roi d’Angleterre n’apprécie guère le soutien que la France promet à l’Ecosse dans le cadre de l’Auld Alliance, signée en 1295 mais, surtout, renouvelée en 1326 et concrétisée en 1336 –, Ecosse avec laquelle l’Angleterre est en guerre, rappelons-le, depuis maintenant 40 ans – voir mon article sur les guerres d’indépendance écossaises).

Ajoutez à cela deux rois aux tempéraments explosifs, ambitieux et violents, l’alliance franco-écossaise qui irrite au plus haut point Edouard III (ses deux pires ennemis qui s’unissent !) et vous aurez compris où l’on court !

Tout éclate quand, finalement, en 1337, Philippe déclare Edouard « vassal félon » avant de confisquer une nouvelle fois la Guyenne, et que le roi d’Angleterre, en retour, conteste (enfin) la légitimité de Philippe, qu’il traite de « prétendu roi de France », avant d’ajouter aux traditionnelles armes royales anglaises (les léopards d’or sur fond de gueule, c’est-à-dire un fond rouge) les lys de France sur fond azur ! Une prétention au trône qui durera tout de même jusqu’en 1801, date à laquelle le lys français sera remplacé sur les armes anglaises par les armoiries irlandaises et écossaises ! (Il était temps ! le royaume de France n’existe plus depuis 1792 et l’Angleterre, à part un bref intermède de la Guerre de Cent Ans, de 1422 à 1429, ne sera jamais, finalement, parvenue à régner sur la France… Ce qui ne l’aura pas empêchée, on l’a vu, de garder le lys au sein de ses armoiries, aux côtés de ses léopards, pendant quatre siècles et demi !)

La première phase de la guerre : l’Angleterre met une claque à la France

La guerre maritime

Les premières escarmouches sont maritimes et impliquent ports anglais, aquitains et flamands. La première grande bataille se déroule près de l’Ecluse, avant-port de Bruges, le 24 juin 1340 : éclatante victoire anglaise… et première entrée en matière des bientôt très célèbres archers anglais, qui criblent les voiles et cordages de flèches, immobilisent ainsi les nefs françaises et permettent aux vaisseaux anglais, hauts et imposants, de les attaquer une par une… et d’anéantir toute la flotte ennemie ! (Sur 200 navires français, seuls 10 à 30, selon les sources, en réchappent !)

Une des plus grandes batailles navales de l’Histoire… Et un vrai désastre… qui ouvre la voie à cinq années de paix. Paix qui ne sera, hélas, que la première d’une longue série de trêves et d’accalmies… systématiquement vaines !

La guerre de succession de Bretagne

Une paix toute relative, d’ailleurs, et qui n’a de trêve que le nom, puisque pendant ces cinq années, le conflit se poursuit indirectement en se déportant sur la Bretagne : là, en effet, éclate dès 1341 une querelle de succession qui oppose le couple Jean de Montfort (frère du défunt duc Jean III) / Jeanne de Flandre (une Jeanne d’Arc avant l’heure, méconnue à notre époque, mais qui inspira probablement Jeanne d’Arc – la vraie !), et le couple Charles de Blois / Jeanne de Penthièvre, Jeanne étant la nièce de Jean III. Blois est soutenu par la France, Montfort par l’Angleterre. La lutte continue : bataille de Brest, bataille de Morlaix, bataille de Saint-Pol-de-Léon… Cette guerre « annexe » de la Guerre de Cent Ans (comme celle de Castille, par la suite) ne prendra fin qu’en 1364… Fait également d’importance : c’est au cours de cette guerre « seconde » qu’émerge l’une des plus grandes figures de la Guerre de Cent Ans, le Breton Bertrand Du Guesclin !!

1346, année cruciale : la première chevauchée française, Caen, Crécy, Neville’s Cross, Calais

Par ailleurs, dès 1346, les hostilités directes entre Anglais et Français reprennent (deux-trois escarmouches, entre-temps, témoignent d’ailleurs du fait qu’elles n’ont jamais véritablement cessé…)

1346 va voir la succession de plusieurs hauts faits d’armes… que l’Angleterre remporte haut la main. Pendant quinze ans, après cela, elle enchaîne les victoires !

Les troupes anglaises décident de reprendre concrètement l’offensive en débarquant en Normandie (ça deviendra bientôt une habitude !^^) en juillet 1346. Elles entament la première grande chevauchée de cette guerre (une habitude, pour le coup, déjà prise au cours de la première puis du début de la deuxième guerre d’indépendance d’Ecosse : les Lowlands ne comptent alors plus le nombre de razzias-raids-chevauchées anglaises…), prenant toutes les cités mal défendues qu’elles le peuvent : Saint-Lô, Caen, Louviers…

Sièges, saccages, pillages, incendies se succèdent à une vitesse folle. Les lieux mieux fortifiés (Evreux, Rouen, Mantes) sont négligés. C’est la première, là aussi, d’une longue succession de chevauchées qui devaient ravager tout l’ouest de la France pendant plus d’un siècle… L’Angleterre va même jusqu’à brûler Saint-Cloud, aux portes de Paris !

Mais quand Edouard remonte enfin vers le nord pour chercher à rembarquer, Philippe VI s’est ressaisi et se lance à ses trousses. L’affrontement aura lieu près de Crécy-en-Ponthieu : c’est la célèbre bataille de Crécy (26 août 1346) : le premier désastre terrestre de la Guerre de Cent Ans pour la France (et, là encore, le premier d’une longue série du même genre, bientôt suivi par ceux de Poitiers et d’Azincourt…)

Plusieurs facteurs s’associent pour justifier cette défaite (la longue marche, la fatigue française, la désorganisation de l’armée – vs le bon agencement des troupes anglaises qui ont pris de l’avance et se sont sagement positionnées sur le terrain –, les cordes mouillées des arbalétriers génois, les ordres de Philippe VI noyés dans la masse…) mais c’est sans aucun doute possible l’écrasante supériorité des milliers d’archers anglais qui décide de la victoire : les arbalétriers génois, puis derrière eux la cavalerie française (la noblesse !) et la piétaille sont décimés. Une tactique (le recours massif aux archers) là encore mise au point par les Anglais au cours de leurs guerres contre l’Ecosse (notamment à Falkirk, grande défaite de William Wallace…). Vague après vague, dans un chaos sans nom, les troupes françaises succombent sans parvenir à ouvrir une brèche (j’évoque d’ailleurs cet épisode dans L’Ecossaise d’Inverness).

C’est la première fois que la chevalerie française, fleuron de l’armée et de la tradition guerrière médiévale jusqu’alors, est défaite (pour ne pas dire écrasée) de la sorte. Des milliers de morts côté français… contre cent à trois cents à peine côté anglais… Une catastrophe.

A noter : le fils aîné d’Edouard III, le Prince de Galles, plus tard appelé « Prince Noir », est déjà au cœur de la bataille. Il n’a que seize ans…

Cette aventure se termine par la remontée vers le nord en toute tranquillité de l’armée anglaise (Philippe VI a dû fuir en plein milieu de la bataille !), puis la prise de Calais, au terme d’un siège long de onze mois… La ville finit par remettre ses clés au roi d’Angleterre en 1347 : le royaume d’outre-Manche s’est, par là même, trouvé une tête de pont qui restera sienne bien après la fin de la Guerre de Cent Ans, jusqu’en 1558 ! La dernière terre que l’Angleterre conservera sur le continent, bien après avoir perdu le reste, et jusqu’à la belle et regrettée Aquitaine…

Enfin, en octobre 1346, au moment où le siège de Calais commence, David II d’Ecosse (allié de Philippe VI, au nom de l’Auld Alliance), en pleine seconde guerre d’indépendance écossaise, est défait par l’Angleterre à la bataille de Neville’s Cross qu’il avait provoquée en attaquant le nord de l’Angleterre afin de soulager son alliée, la France, d’une partie des troupes anglaises sur le continent.

Raté. David est défait, blessé, capturé et envoyé à Londres… où il restera prisonnier onze ans !

Peste Noire, Jacqueries et complots

1346, c’est aussi précisément l’année que choisit la terrible Peste Noire pour commencer à menacer l’Occident depuis la mer Caspienne. En 1347, elle touche l’Italie, via un vaisseau de commerce génois. Elle ravage l’Europe de 1347 à 1350, puis la frappera de nouveau, de façon plus épisodique et localisée, en 1358, 1360, 1369, 1374, 1418, 1433… pour ne plus sortir, finalement, du paysage français pendant des décennies… Avec l’épisode de 1348-1349, l’Europe perd entre un tiers et la moitié de sa population. Un désastre ! Avec, à la clé, manque de main-d’œuvre, stagnation économique, insécurité, exodes ruraux… La peste n’épargne personne : même la reine et l’épouse du Dauphin y passent !

Quant à la politique de Philippe VI, la guerre, les taxes qu’elle engendre, elle finit, doublée de l’épidémie et des famines, par avoir raison de son autorité : discrédité, il doit faire face aux premières révoltes paysannes, ou jacqueries, qui commencent elles aussi à ravager le pays, sans compter les complots et trahisons qui, du côté de la noblesse, grondent sous la cendre…

Le roi meurt en 1350, laissant le pays complètement désorganisé. Son fils Jean II (dit « le Bon ») lui succède. Impulsif et maladroit malgré sa bravoure et sa générosité (qui lui valent son surnom louangeur) il sera loin de parvenir à améliorer la situation…

Profitant de cette nouvelle intronisation, le comte d’Evreux (héritier du royaume de Navarre), Charles (dit « le Mauvais »), se met lui aussi à revendiquer le royaume de France, dont il a été écarté lorsque sa mère, Jeanne d’Evreux, fille de Louis X le Hutin, s’est vue rayée de la liste de succession capétienne… (Vous vous souvenez ? Elle a été écartée, tout comme la fille de Charles IV, au même titre que leur tante Isabelle de France, mère d’Edouard III). Charles le Mauvais s’associe donc aux Anglais, contre son suzerain Jean.

La deuxième chevauchée et le désastre de Poitiers

C’est dans ce contexte qu’une double chevauchée anglaise s’organise à l’été 1356 : tout d’abord au nord, en Normandie, avec le duc de Lancastre (frère cadet du Prince de Galles) ; mais aussi au sud, depuis Bordeaux et l’Aquitaine, avec le Prince de Galles qui pille villes et villages sans défense et amasse du butin (à noter : les escarmouches, sièges et batailles en tout genre et tant en mer que sur terre n’ont jamais cessé, même pendant les pires années de la peste !). Un an auparavant, en 1355, le Prince Noir avait déjà mené une chevauchée sanglante dans tout le sud de la France, de Bordeaux à Narbonne (l’Armagnac, le Languedoc, Carcassonne… ; massacres, incendies, pillages, raids cauchemardesques pour la population…), un « exploit » qui avait commencé à parer sa réputation héroïque d’un pendant plus ombrageux, impitoyable et terrible…

Jean le Bon parvient à défaire le duc de Lancastre dans le nord, à Breteuil, puis se précipite vers la Loire, que le Prince Noir a déjà atteinte au terme d’un raid sanglant à travers les campagnes du sud-ouest de la France. En nette infériorité numérique, avec des troupes fatiguées et privées de ravitaillement, le Prince Noir essaie alors de négocier la paix, en vain : Jean II refuse et lui bloque la route de retour vers Bordeaux. L’affrontement est inévitable, le Prince de Galles choisit alors soigneusement son terrain.

C’est, le 19 septembre 1356, la bataille de Poitiers… et, pour la France, un deuxième Crécy : l’archerie anglaise fait à nouveau ses preuves, la chevalerie française est laminée, les troupes françaises se débandent, Jean II et l’un de ses fils sont faits prisonniers ! Une écrasante victoire pour l’Angleterre… dont les troupes étaient pourtant plus de deux fois moins nombreuses !

Pour la seconde fois, la supériorité tactique anglaise s’est affirmée : le temps de la glorieuse chevalerie (l’élite militaire depuis des siècles !), du code d’honneur chevaleresque et du combat au corps-à-corps n’est plus : la cavalerie française est anéantie par des paysans gallois armés d’arcs et de flèches ! Mais la France refuse toujours de prendre conscience que sa conception surannée de l’honneur ainsi que sa façon de faire la guerre sont désormais dépassées…

C’est la deuxième cuisante défaite de la chevalerie (et donc de la noblesse !) française en dix ans. La colère gronde au sein du peuple français : cette caste militaire qui est là pour ça s’avère incapable de le défendre ! Les jacqueries reprennent de plus belle, les bourgeois de Paris se révoltent, la rançon à payer pour récupérer le roi est exorbitante, l’armée doit être reconstituée…

Le jeune Dauphin, le futur Charles V, qui doit assurer la gouvernance du royaume en l’absence de son père, hérite d’une France plongée dans le chaos.

Le traité de Brétigny

Après d’âpres négociations, la paix est finalement signée (pour un temps…) à Brétigny, en 1360. Le bilan est catastrophique : la rançon à payer pour le roi est colossale (3 millions d’écus), le peuple mécontent, la fiscalité élevée, une quarantaine de nobles et de bourgeois (princes, barons, notables… y compris un deuxième fils de Jean !) sont fournis en otages aux Anglais pour garantir le bon paiement de la rançon royale, et l’Aquitaine, augmentée de l’Angoumois, du Poitou, du Limousin, de la Saintonge et du Rouergue (+ quelques autres villes, îles et régions, comme le Ponthieu, Calais et Montreuil-sur-Mer !), est concédée en pleine souveraineté à l’Angleterre ; elle n’est donc plus un fief français ! Le roi anglais n’a plus à prêter hommage au roi de France ou à lui payer d’impôts. Libéré de cette humiliante contrainte, il peut directement exploiter la très riche Aquitaine !

Le roi Jean, pour sa part, meurt finalement en captivité, en 1364. Sans compter les bandes de routiers qui, démobilisées, ravagent les campagnes, l’agitation incessante de Charles le Mauvais, les troubles sociaux qui se poursuivent…

Seul point positif de ce traité (par ailleurs humiliant) pour la France : Edouard renonce à la couronne française en l’échange de sa pleine souveraineté sur l’Aquitaine.

Ainsi, si l’Angleterre n’est guère épargnée par la peste, ses propres jacqueries et les troubles internes, elle n’en ressort pas moins victorieuse de cette première longue phase.

Sensiblement dans le même temps, le traité de Berwick (1357) et le traité de Guérande (1365) mettent fin respectivement à la seconde guerre d’indépendance d’Ecosse (l’Angleterre laisse – plus ou moins momentanément – tomber l’idée de faire de l’Ecosse une vassale) et à la guerre de succession de Bretagne (le parti de Jean de Montfort, soutenu par les Anglais, finit par l’emporter, après vingt ans de guerre et quelques grandes batailles comme le Combat des Trente, les batailles de la Roche-Derrien, de Mauron, de Montmuran, d’Auray…).

Deuxième phase : du Guesclin et Charles V entrent en scène : la France se ressaisit, l’Angleterre recule

La guerre civile castillane

Malgré le traité de Brétigny et celui de Guérande, peu de temps passe avant que la France et l’Angleterre n’aient à nouveau l’occasion de se taper dessus. Dès 1367, un nouveau prétexte émerge : la guerre civile de Castille, qui sera le deuxième conflit « annexe » de la Guerre de Cent Ans.

Pierre de Castille, aussi dit Pierre le cruel, est déchu par son demi-frère Henri de Trastamare en 1366, qui profite des nombreuses Compagnies Libres de routiers disponibles en France depuis l’accalmie du début des années 60 pour enrôler nombre de mercenaires et détrôner Pierre. Ce dernier demande l’aide du Prince de Galles, devenu Prince d’Aquitaine qui, intéressé par cette alliance et les possibilités de richesses qu’elle lui offre, franchit les Pyrénées avec son armée. La France, évidemment, soutient Henri II (elle le soutenait d’ailleurs déjà lors de la prise de son trône en encourageant les routiers à se rendre en Espagne pour écarter le danger que ces mercenaires désœuvrés, sans but et sans solde, faisaient peser sur les campagnes françaises).

Finalement, Edouard de Woodstock (= le Prince Noir, du même prénom que son père) et Pierre l’emportent dans un premier temps, notamment grâce à la célèbre bataille de Nájera (où les archers anglais s’illustrent à nouveau) en 1367, mais à un prix donnant de sévères airs de défaite à cette demi-victoire anglaise : Pierre ne peut finalement payer Edouard pour ses services comme il l’avait promis (1,6 millions de florins d’or, tout de même) et, surtout, les troupes du Prince Noir sont, par la suite, ravagées par la dysenterie et la plupart ne reviendront jamais en Aquitaine. Le prince lui-même est gravement affaibli par la maladie et ne s’en remettra jamais : il en meurt quelques années plus tard, en 1376, à l’âge de 46 ans, sans avoir jamais accédé au trône d’Angleterre (son père Edouard III mourra peu après lui, au terme d’un règne d’un demi-siècle).

La victoire anglaise en Castille est en outre de courte durée : Henri II, épaulé par la France (et surtout par l’habile du Guesclin), revient à la charge, remporte la bataille de Montiel puis, grâce à un piège de du Guesclin, tue Pierre le Cruel en 1369 et récupère le trône (qu’il n’aurait peut-être même jamais perdu s’il avait écouté du Guesclin en 1367 au lieu de provoquer la bataille de Nájera…). Jean de Gand et son jeune frère, tous deux cadets du Prince Noir, tenteront bien de récupérer ce trône en épousant les deux filles orphelines de Pierre le Cruel… en vain.

En échange de son aide indéfectible contre Pierre Ier, Henri II avait promis d’aider la France en retour, en mettant notamment sa flotte à son service contre l’Angleterre quand le besoin s’en ferait ressentir. Il n’aura guère à attendre avant d’être invité à s’acquitter de sa dette…

Un renversement dans le rapport des forces

Avec le Prince Noir, c’est l’une des figures les plus légendaires, redoutées, glorifiées et emblématiques de l’histoire militaire médiévale anglaise qui disparaît ; et, avec son père, Edouard III (quoique celui-ci fût vieux et affaibli depuis longtemps), c’en est une seconde qui le suit dans la tombe. Au faîte de sa puissance vingt ans plus tôt, la dynastie Plantagenêt, en Angleterre, n’est plus que l’ombre d’elle-même et a perdu ses deux plus grands chefs de guerre depuis Edouard Ier : Edouard III et son fils, tous deux aussi admirés que craints sur les champs de bataille.

Alors qu’à l’inverse, la France a vu émerger deux grandes figures à la tête tant de sa royauté que de son armée : Charles V d’une part (dit « le Sage »), régent durant la capture de son père, puis couronné à la mort de celui-ci en 1364, et Bertrand du Guesclin de l’autre, qui s’illustre au combat depuis le début de la guerre de succession de Bretagne, tant et si bien qu’il a fini par être nommé connétable de France par Charles en 1370 en dépit de ses fort modestes origines !

Malgré des débuts très difficiles (c’est le contexte de la capture de Jean II le Bon, des révoltes paysannes et urbaines, de la rébellion de Charles le Mauvais qui se poursuit, de nombreux troubles sociaux, mais aussi de plusieurs maladies, qui l’affaiblissent, et de la mort de deux ses filles – au total, ce seront cinq de ses enfants qui mourront de son vivant…), Charles V a repris le royaume en main. Il est la tête du royaume, Bertrand en est le bras.

Intelligent, vif d’esprit, prudent, réfléchi, Charles tire les leçons qui s’imposent des grandes défaites de Crécy et de Poitiers et, avec l’aide de du Guesclin, tente de reconquérir les territoires perdus par le traité de Brétigny en évitant soigneusement les batailles rangées exposant ses troupes aux archers anglais : à la place, il favorise les sièges et les négociations et remporte, par cette stratégie nouvelle, plusieurs victoires éclatantes, dont celles de Pontvallain (1370), de la Rochelle (1372 – la Castille a tenu promesse et secondé la France dans cette belle victoire navale) et de Chizé (1373), que j’évoque dans mon roman Pour l’amour d’une Sasunnach, premier tome de la trilogie « Sasunnachs et Highlanders ».

Si bien qu’en 1375, suite à un retournement de situation aussi brusque qu’inattendu, Charles V a récupéré – grâce à l’opiniâtreté et à l’habileté de du Guesclin – la majorité des territoires récemment cédés à l’Angleterre : face à lui, Edouard III et le Prince Noir, mourants, ne peuvent pas grand-chose, et Jean de Gand, fils cadet d’Edouard III, ne se montre guère à la hauteur. En moins d’une décennie, tout a basculé !

Sans compter que, au niveau interne, Charles V a également réussi à redresser l’économie du royaume, à remplir les caisses de l’état, à établir la première armée permanente de France et à mater définitivement la révolte de Charles le Mauvais en dépossédant le roi de Navarre de la quasi-totalité de ses terres.

Face à cette stratégie nouvelle, l’Angleterre ne peut que difficilement utiliser son arme de destruction massive (ses archers !) et, privée de ses grands chefs de guerre (Edouard III et le Prince Noir, tous deux mourants), plongée dans des troubles sociaux de plus en plus graves, elle ne parvient guère à contrer cette reconquête en règle menée habilement par la France de 1370 à 1375, malgré les chevauchées qu’elle démultiplie, en vain et stérilement, du nord au sud de la France (sous le commandement, entre autres, de Jean de Gand).

Un sursaut intense et couronné de succès… mais de trop courte durée

Hélas ! Toutes les bonnes choses ont une fin : Charles V, qui a toujours été de santé fragile, meurt en 1380, à quarante-deux ans, trois mois à peine après son si cher du Guesclin (qu’il avait fait enterrer au sein de la nécropole royale de la basilique Saint Denis, tout de même !)

En fait, en moins de quatre ans, le Prince Noir (1376), Edouard III (1377), du Guesclin (1380) et Charles V (1380 aussi) meurent : une nouvelle phase va, forcément, s’ouvrir de nouveau. D’autant qu’aux rois défunts succèdent deux enfants, Richard II en Angleterre (fils du Prince Noir et petit-fils d’Edouard III, dix ans au moment de son accession au trône…) et Charles VI (fils de Charles V, onze ans lorsqu’il hérite du royaume de France… qui écopera bientôt du triste surnom de « le Fou »… ce qui laisse présager une bien peu brillante gouvernance, par contraste avec celle du roi « Sage »…)

Ainsi, si Charles V sera parvenu, en environ quinze ans de règne, à restaurer une grande partie de l’honneur et du prestige des Valois (même si son règne peut surtout être mis en valeur par comparaison avec celui de son père et prédécesseur… et de celui de son fils et successeur, Charles le Fou !), son succès disparaît avec sa mort et celle de son brillant connétable, du Guesclin, dès 1380.

Conclusion de cette deuxième phase : le déclin de fin de siècle

Dans les années 1380, la France et l’Angleterre s’embourbent toutes deux dans d’abondants troubles sociaux, qui vont rapidement virer de part et d’autre de la Manche à la quasi-guerre civile.

Ces difficultés et nombreuses instabilités internes viennent ouvrir une nouvelle phase dans cette interminable guerre en dents de scie, qui devait continuer à suivre les revers de fortune successifs de ses divers belligérants pendant plus de 70 ans et entraîner dans son sillon encore plusieurs générations de Français et d’Anglais. Cette nouvelle phase, c’est celle d’une longue trêve destinée à permettre à chacun des deux royaumes de panser ses plaies. Elle est scellée par le mariage (en secondes noces) du roi Richard II d’Angleterre (alors âgé de vingt-neuf ans) avec Isabelle de Valois (fille de Charles VI), de vingt-deux ans sa cadette (elle a sept ans…), en 1396.

Une longue « trêve » qui n’en sera pas moins semée de conflits épars, et qui n’offrira de répit réel et concret aux deux belligérants pour régler leurs problèmes internes que dans les années 1390, plus précisément de 1387 à 1402…

Deuxième partie de cet article sur la Guerre de Cent Ans (1380-1453) : bientôt à venir sur ce blog !

(sans doute à l’occasion d’un prochain roman !^^)

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A voir aussi : la liste des batailles et des sièges de la Guerre_de_Cent_Ans

Découvrir mon roman : L’Ecossaise d’Inverness

Texte : (c) Aurélie Depraz
Illustration : image libre de droit Pixabay

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