L'Histoire (la grande !)

Petite Histoire des Etats-Unis d’Amérique 2/5

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à commencer par le premier volet de cette Petite Histoire des Etats-Unis d’Amérique, rédigée à l’occasion de la rédaction de Retour à Blue Valley, (parution : mai 2021), roman se déroulant au cœur du Montana.

2e Partie : des Treize Colonies à la Guerre d’Indépendance: la Naissance des Etats-Unis d’Amérique

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La situation à l’orée du XVIIIe siècle – petit rappel :

Nous l’avons vu : lorsque s’ouvre le XVIIIe s., l’Amérique du Nord est partagée entre :

  • Les Anglais, qui possèdent les Treize Colonies de la façade atlantique (Connecticut, New York, New Hampshire, Massachussets, New Jersey, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie, Maryland, Delaware, Pennsylvanie, Rhode Island)
  • Les Français, qui possèdent tout l’est du Canada (Baie d’Hudson, Québec, Acadie…), mais aussi la très vaste Louisiane, qui, bordée par les Appalaches à l’est et la frontière indienne à l’ouest, court de la frontière Canadienne au Golfe du Mexique et couvre tout le centre-est Américain. Les Français possèdent alors près de la moitié du continent nord-américain !
  • Les Espagnols, qui ont conquis la Floride, le Texas et tout le sud-ouest des Etats-Unis d’aujourd’hui (Californie, Utah, Colorado, Nouveau-Mexique, Arizona, Nevada)

Les colonies anglaises du nord vivent de la pêche et du commerce alors qu’au sud, on cultive le tabac, le riz et le coton : une économie régie par les planteurs, les riches propriétaires terriens, et l’achat d’esclaves.

Plus à l’ouest, les Appalaches (chaîne de montagnes) constituent une barrière pour ainsi dire naturelle avec les terres françaises, vastes, qui vont du Québec à la Louisiane en passant par les Grands Lacs et les terres du milieu, et vivent principalement du commerce des fourrures.

Encore plus à l’ouest, se trouvent les territoires demeurés exclusivement indiens (quart nord-ouest des USA actuels) et le nord des colonies espagnoles (quart sud-ouest des USA actuels), prolongées plus au sud par l’Amérique centrale (Mexique etc.) et l’Amérique du Sud.

Des tensions et conflits existent entre les différentes colonies, entre Français et Anglais, entre colons et Indiens, à coups d’embuscades et de coups de force, de massacres occasionnels et de prises de forts, mais sans grandes conséquences, ni à une très grande échelle… Du moins, jusqu’à ce que s’ouvre le XVIIIe siècle…

Les grands bouleversements du XVIIIe siècle

Avec les grandes guerres du XVIIIe s. opposant la toute nouvelle Grande-Bretagne aux deux autres grandes puissances du moment (France et Espagne), la Guerre de Succession d’Espagne et la Guerre de Sept Ans, la Grande-Bretagne voit sa mainmise sur le continent Nord-Américain se renforcer :

  • Avec le traité d’Utrecht qui clôture la Guerre de Succession d’Espagne en 1713, la Grande-Bretagne gagne la très vaste baie d’Hudson (grosso modo, l’Ontario actuel), Terre-Neuve et l’Acadie (Québec…), qu’elle prend aux Français (elle gagne aussi Gibraltar, Minorque… mais ne nous dispersons pas et restons concentrés sur la partie « Amérique » !^^) : en gros, une énorme partie du Canada français passe aux mains des Anglais.
  • Et avec le traité de Paris qui clôture la Guerre de Sept Ans (première « vraie » guerre mondiale, au vu du nombre de pays, colonies et continents concernés…) en 1763, c’est tout le reste de l’Amérique française au nord (Terre de Rupert, Nouvelle-France) et à l’est du Mississippi (la moitié orientale fameuse Louisiane !!) qui passent aux mains de l’Angleterre ! (sans compter plusieurs Antilles – Grenade, Saint-Vincent, Tobago – et presque tous les comptoirs du Sénégal…) ; l’autre moitié de la Louisiane française (sa partie occidentale) passe à l’Espagne, qui possède déjà les territoires plus à l’ouest (sud-ouest, on l’a vu). Mais en échange, les Anglais récupèrent la Floride !

Des pertes qui, on s’en doute, seront difficiles à avaler pour la France… et qui vaudront son engagement aux côtés des jeunes Etats-Unis d’Amérique lors de leur rébellion contre l’autorité anglaise lors de leur fameuse Guerre d’indépendance, seulement dix ans plus tard

Cela dit, la France n’avait aucune chance face à la Grande-Bretagne : les colons anglais avaient l’avantage du nombre (et c’est un euphémisme) : ils étaient 1,5 million sur un territoire relativement limité alors que les 65 000 Français se dispersaient sur un territoire immense et absolument indéfendable (la moitié du continent nord-américain, rappelons-le) ; sans compter que l’intérêt de la couronne française pour ses colonies d’Amérique avait toujours été bien plus limité que celui de Londres pour ses propres colonies, et que la France avait la fâcheuse tendance de laisser ses colonies se débrouiller et assurer leur défense seules, tandis que l’Angleterre envoyait régulièrement des troupes défendre le sol américain…

La Nouvelle-France, en résumé : un vaste gâchis pour la France, né d’un manque d’intérêt cruel de la royauté couplé à une série d’erreurs stratégiques !

Bref ! Tout cela passe aux mains des Anglais (et, pour la partie ouest, des Espagnols).

NB : L’implantation anglaise en Inde s’affirme aussi en parallèle avec la conquête du Bengale et la prise de diverses autres régions jusque-là aux mains des Français. L’Inde devient le joyau de l’empire britannique (déjà !). Ainsi, en 1775, à l’aube de la guerre d’Indépendance américaine, l’empire britannique compte deux grands ensembles : l’Amérique du Nord du Labrador (Canada) aux Antilles et une partie de l’Inde (autour de la plaine nord-est du Gange et sur le plateau central du Deccan) – voir ma Petite Histoire de l’Empire britannique pour plus de détails.

Dès lors, les colonies anglaises d’Amérique courent de la façade atlantique au fleuve Mississippi : elles ne sont plus cantonnées à l’est des Appalaches. Elles possèdent la Floride et toute la portion de territoire entre les Grands Lacs et le Golfe du Mexique. Elles ont plus que doublé en superficie !

Petite vidéo sur la création puis la perte des colonies françaises d’Amérique (en attendant que je leur consacre un article à part entière…^^) :

Idem version longue (long documentaire Arte de 1h30) sur les colonies françaises d’Amérique, leur création et leur perte :

Des colons mécontents

A la fin de la Guerre de Sept Ans, plusieurs choix gouvernementaux attisent la colère des colons d’Amérique :

  • Une augmentation des taxes (la guerre a ruiné Londres qui s’est surendetté…), dont le très impopulaire Stamp Act (sur le papier), mais aussi des taxes sur le vin, le verre, la peinture et… le thé, ce qui donnera lieu à la célèbre Boston Tea Party (5 mars 1770)…
  • La création d’une vaste réserve amérindienne entre les Appalaches, les Grands Lacs et le Mississippi (donc sur toute la partie de l’ancienne Nouvelle-France acquise par la Grande-Bretagne), alors que les colons des Treize Colonies voulaient profiter de ce nouveau gain de terres pour s’étendre vers l’ouest : la Line of Proclamation les empêche de profiter des richesses de ces nouvelles acquisitions.

Cela fait en outre des décennies que les colonies, prospères, supportent mal les lourdes taxations londoniennes, la fiscalité et les règles en matière de religion imposées par Londres, de même que l’absence de représentation américaine au Parlement de Londres qui ne dure que depuis trop longtemps, et donne lieu à la fameuse revendication : « No taxation without representation »…

Les tensions montent entre 1763 (fin de la Guerre de Sept Ans) et mais c’est la Boston tea Party qui met véritablement le feu aux poudres et provoque, en véritable gant jeté à la face du roi d’Angleterre, et à l’inverse de l’effet escompté, un durcissement de la position de la couronne, qui promulgue l’ensemble des Coercive Acts, absolument inacceptables pour les colons, qui les surnomment les « Intolerable Acts ».

La guerre est inévitable ; désormais, les colonies veulent leur indépendance.

Les Treize colonies en 1776

Au moment où éclate la guerre d’indépendance, les Treize colonies constituent 3 groupes distincts :

La Nouvelle-Angleterre regroupe quatre colonies : le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode Island. Leurs caractéristiques :

  • Elles sont les héritières, en quelque sorte, des premiers migrants puritains (Mayflower etc… – voir le premier volet de cette petite histoire des Etats-Unis) et la religion y marque profondément la vie politique. Sur le plan social, celui qui s’écarte de la religion est aussitôt mis à l’écart de la vie du groupe. La vie communautaire, très développée, aboutit à un strict contrôle des mœurs de chacun.
  • Leur économie est tournée vers la pêche et le commerce.
  • Chaque communauté religieuse s’administre de manière autonome, ainsi que chaque bourgade (dans chaque ville, la communauté se réunit et délibère pour prendre les décisions concernant l’intérêt commun). La Nouvelle-Angleterre devient donc une démocratie de fait.
  • Les premiers collèges (futures universités) y ont été fondés : Harvard dès 1636, Yale en 1716…

Les colonies du Sud (le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Géorgie) sont plus vastes que les colonies du Nord et essentiellement agricoles. La forme principale d’exploitation du sol est la plantation cultivée grâce à une main-d’œuvre d’esclaves importés d’Afrique. On y cultive l’indigo, le tabac, le riz et le coton. Aucune trace de démocratie ici : la masse de la population, les esclaves noirs, est dominée par l’aristocratie politique blanche qui a apporté en Amérique les usages des élites européennes et gouverne les colonies.

Entre ces deux groupes très différents, 4 colonies hétéroclites sans grande identité commune New York, le New Jersey, le Delaware  et la Pennsylvanie. La population y est plus diverse, ces colonies ayant englobé les anciennes possessions suédoises et hollandaises. La ville principale est alors Philadelphie, capitale de la Pennsylvanie, dont l’urbanisme est en avance sur celui de l’Europe. C’est la ville la plus peuplée et la plus admirée d’Amérique du nord ; et le New Jersey accueille le collège de Princeton depuis 1746.

Ces colonies sont toutes dotées de constitutions et sont dirigées par un gouverneur qui, issu des vieilles familles de la colonie, représente la Couronne anglaise. Une assemblée élue représente les colons.

Mais ce qui fédère les colonies, c’est essentiellement la lutte contre un ennemi commun premier (du moins, depuis que les Français ont été écartés) : l’Indien.

Pour tout savoir sur les Treize colonies : https://fr.wikipedia.org/wiki/Treize_colonies

et une carte : https://fr.wikipedia.org/wiki/Treize_colonies#/media/Fichier:Map_of_territorial_growth_1775.svg

La guerre d’indépendance

C’est donc autour de Boston (où a eu lieu la Boston Tea Party, rappelons-le) que tout va se cristalliser.

Dès 1775 a lieu la révolte du Massachussetts. La bataille de Lexington qui s’y déroule (19 avril 1775) est le signal de la rupture et du début de la guerre d’indépendance. Les révoltés, appelés aussi insurgents, choisissent comme commandant en chef George Washington qui s’est déjà illustré durant la Guerre de Sept Ans… et qui figure toujours aujourd’hui sur les billets américains d’un dollar…

L’année suivante, en juin, la Virginie est le premier territoire qui déclare son indépendance, sous l’impulsion de Thomas Jefferson. Celui-ci participe ensuite en juillet au Congrès continental qui se réunit à Philadelphie et réunit 50 délégués venus des Treize colonies venus rédiger la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, document fondateur de la future nation. A l’instar de George Washington, de Benjamin Franklin (qui figure parmi les 50 délégués) et de Samuel Adams (idem), Thomas Jefferson est considéré comme l’un des pères fondateurs de la nation.

Les Treize Colonies proclament donc leur indépendance à l’été 1776 : la déclaration d’indépendance est adoptée par le Congrès le 4 juillet 1776 (fête nationale américaine) et énonce des principes issus de la philosophie des Lumières comme les droits naturels et politiques des hommes (la Liberté en tête, à tout prix et sous toutes ses formes) et rappelle les griefs des colons envers le Royaume-Uni. Il s’agit d’un véritable acte révolutionnaire qui a posé les principes qui guideront ensuite tous les mouvements d’émancipation, dont la Révolution Française… et les révolutions des pays d’Amérique du Sud contre l’Espagne.

Evidemment, la Grande-Bretagne envoie des troupes : la guerre éclate.

Les Treize colonies comptent alors 1.5 à 2 millions de colons + 1 million d’esclaves. Parmi les colons, nombre de « loyalistes » demeurent fidèles à la couronne d’Angleterre et en rejoignent les troupes : tous les colons étaient loin d’être rebelles et indépendantistes ! Du coup, le conflit vire, à bien des égards, à la guerre civile (un siècle avant la guerre de Sécession…) : mises au pilori, coups de fouet, dénonciation des traîtres, pratique du « tarring and feathering » (goudron chaud liquéfié et plumes, oui, oui, comme dans Lucky Luke)…

La Grande-Bretagne, elle, envoie donc sa flotte : 400 navires ! Elle n’en redéploiera jamais autant…jusqu’au D-day (le débarquement du 6 juin 1944) !!!!

Elle l’envoie sur New York qui, essuyant 2500 coups de canon en seulement une heure, brûle et finit en cendres… La ville ne subira ensuite plus aucune attaque…jusqu’au 11 septembre 2001…

Grande tragédie de cette bataille de New York : celle des rebelles qui y sont enchaînés à fond de cale, au fond des bateaux de la flotte britannique amarrés dans son port : 9 prisonniers sur 10 meurent dans des conditions atroces. 12 000 rebelles mourront ainsi : 3 fois plus que ceux qui mourront sur les champs de bataille au cours de toute la guerre !

La perte de New York est la première grande défaite du général Washington, commandant en chef des armées rebelles. Dès lors, les patriotes se replient à l’intérieur des terres et le combat se poursuivra loin des côtes : comme on le voit très bien dans le film culte « Le Patriote » avec Mel Gibson (à voir absolument !), la guerre se mue alors en guérilla.

Les “Tuniques rouges” (=Britanniques) jouissent d’une supériorité numérique écrasante et ont en moyenne 6 fois plus d’expérience que les partisans rebelles (pour l’essentiel des fermiers).

Les Insurgés, qui ont tout appris à la frontière amérindienne, réinventent donc l’art de la guerre : pas de batailles rangées, mais des embuscades de bûcherons, de miliciens, de tireurs d’élite… Les Américains ont appris au contact des Indiens l’art de l’embuscade et de l’attaque-surprise, et tous les moyens de contourner le handicap de leur infériorité numérique.

Les tireurs d’élite se concentrent sur les pisteurs et les éclaireurs (indiens par exemple) des troupes britanniques (privés de leurs guides, les troupes sont en déroute), puis sur les officiers de l’infanterie britannique qui traverse les forêts denses du nord-ouest américain…

Mais la guerre est terrible pour les colons révoltés : la dysenterie fait des ravages, le manque d’eau potable est cruel et un soldat sur cinq n’a pas de chaussures ! On manque de viande, les hivers sont glacés, et 60% des recrues sont des esclaves affranchis, des immigrés et des prisonniers recrutés : une armée anarchique difficile à garder unie !

Sans compter la plus terrible épidémie de variole de l’Histoire des USA, qui sévit parmi les troupes : parti des bateaux-prisons de New York, le virus fait des ravages et 40% des malades en meurent… L’épidémie fait plus de dégâts dans les troupes que la guerre elle-même…

Et en face des milices américaines : l’armée britannique, la plus grande puissance militaire de l’époque, avec des effectifs dix fois supérieurs lors des grands travaux agricoles qui mobilisent les colons ! L’ennemi est bien plus puissant et bien mieux équipé. La guerre d’indépendance des USA voit l’invention de la baïonnette, qui permet de foncer sur l’ennemi sans attendre d’avoir rechargé de part et d’autre et révolutionne l’art de la guerre de cette époque. De très nombreux espions sont également utilisés pour connaître les intentions des troupes britanniques.

En 1777, les représentants des colonies rédigent les Articles de la Confédération qui comptent parmi les textes fondateurs du pays.

Pendant ce temps, G. Washington se cherche des alliés. La victoire de Saragota en 1777, et le travail de Benjamin Franklin, ambassadeur des insurgents à Paris, entraînent l’intervention française, menée par La Fayette, Rochambeau, d’Estaing et De Grasse. La flotte française brise le blocus que les Britanniques avaient imposé aux colons et la France prend sa revanche sur l’Angleterre (et la cuisante guerre de Sept Ans).

Bien sûr, la France est intervenue davantage par esprit de vengeance (l’Anglais, à cette époque, est l’éternel ennemi de la France depuis le Moyen Âge…) que par engouement pour les idées révolutionnaires et démocratiques des Américains (puisque la France est encore, à l’époque, une monarchie absolue de droit divin, rappelons-le !)

Les Espagnols et les Hollandais se joignent bientôt eux aussi aux troupes américaines et les Insurgés l’emportent finalement sur les Anglais, leurs mercenaires allemands et leurs alliés iroquois. La victoire de Yorktown, le 19 octobre 1781, met fin à la résistance de l’armée et de la flotte britanniques.

Les Anglais se rendent. Les tout jeunes Etats-Unis d’Amérique sont indépendants.

En 1783, la Grande-Bretagne reconnaît l’indépendance des USA avec le Traité de Paris.

Les colons loyalistes, restés fidèles au roi de Grande-Bretagne, doivent s’exiler au Canada (qui demeure une colonie anglaise), où la province du Nouveau-Brunswick est fondée pour les accueillir.

C’est la première fois qu’une colonie européenne obtient son indépendance.

Vidéo spécifique très intéressante :

Un must-see absolu : “The Patriot”, avec Mel Gibson ! https://www.youtube.com/watch?v=qwbA-qMHhQw

La création d’une nation

La Constitution de 1787 instaure pour la première fois un gouvernement fédéral fondé sur un partage des compétences entre État fédéral et États fédérés.

L’État fédéral est souverain pour la politique extérieure, la défense, le commerce extérieur ou le commerce entre États. Tout ce qui n’est pas expressément délégué à l’État fédéral, comme la justice, la protection des droits individuels, l’instruction, est du ressort des États fédérés.  Les Américains sont à la fois citoyens de leur État et de l’État fédéral ; ils participent donc à la vie politique des deux instances.

La Constitution applique les idées des philosophes des Lumières, démocratie (même si, de toute évidence, le suffrage est encore loin d’être universel…), libertés individuelles (des citoyens américains uniquement, ce qui exclut bien sûr les esclaves et les Indiens…), séparation des pouvoirs, égalité des différents États en politique : chaque État, quelle que soit sa superficie ou son poids démographique, désigne deux sénateurs à Washington.

La constitution américaine donne donc naissance à une fédération de treize États : chacun de ces États garde des prérogatives particulières en matière d’éducation et de justice. Chaque État possède en outre ses assemblées, ses cours de justice et son gouvernement dirigé par un gouverneur. Le gouvernement central ou fédéral exerce sa souveraineté sur l’armée, la monnaie commune et les relations extérieures. Cette organisation fédérale est toujours en place aujourd’hui.

Une République est fondée, l’Etat est organisé (à sa tête : un président et un vice-président), les partis politiques se forment, le Congrès et la Cour Suprême sont créés, les pouvoir séparés.

En 1789, George Washington, qui a mené les troupes tout au long de la guerre d’indépendance, devient le tout premier président des Etats-Unis.

Suivront : John Adams (1797-1801), puis Thomas Jefferson (1801-1809).

Le gouvernement est transféré dans la nouvelle capitale fédérale, Washington, du nom du premier président, et construite à cet effet.

NB : Malgré cette perte, la Grande-Bretagne n’a pas dit son dernier mot…

Avec la guerre d’indépendance américaine (1776-1793), c’est évidemment un pilier de l’empire britannique (les « Treize Colonies ») qui est perdu pour l’Angleterre. L’attention de la Grande-Bretagne (qui possède toujours le Canada, rappelons-le ! mais a dû rendre la Floride, qui n’appartient donc pas aux jeunes USA, mais à l’Espagne) se tourne dès lors vers le Pacifique, l’Asie et l’Afrique : elle va s’emparer des Fidji (1774), des îles Sandwich du sud (1775), des Grenadines (1783), de Penang en Malaisie (1786)…

En 1787, les Britanniques fondent une nouvelle base africaine, la Sierra Leone (avec pour capitale une grande ville au nom éloquent de « Freetown »), pour l’établissement d’esclaves affranchis (même principe que le Liberia, au nom tout aussi éloquent…)

En 1788, ils commencent la colonisation de l’Australie, qui leur fournira une belle compensation de la perte des Amériques, même si elle n’est au tout début qu’un lointain pénitencier géant comme le fut, en partie, l’Amérique du Nord à ses débuts…

Et avec les guerres de la Révolution et de l’Empire français et, surtout, son écrasante victoire à Trafalgar en 1805, le Royaume-Uni s’impose comme maître des mers. En 1815, quand s’achèvent ces guerres « françaises » d’ampleur européenne, la Grande-Bretagne a gagné Malte et Gozo, l’île de l’Ascension (Atlantique sud), la colonie du Cap (Afrique du sud), plusieurs îles des Antilles (Trinidad et Tobago, Sainte-Lucie, Dominique, Montserrat), l’île Maurice (autrefois « Isle de France »), dans l’océan Indien, les Seychelles (dans l’Océan Indien), Ceylan (le futur Sri Lanka), de nombreuses nouvelles régions en Inde, de nombreuses nouvelles régions en Australie, la province de Wellesley en Malaisie, une partie du Népal et de l’Indonésie…

Malgré la perte des Treize Colonies d’Amérique, le Royaume-Uni n’en est donc pas moins la première puissance hégémonique mondiale au niveau commercial et maritime au tournant du XIXe s. Et il ne va cesser de cumuler les conquêtes… sur tous les continents (et tous les océans). L’Empire français va peu à peu réémerger, mais sans commune mesure avec les possessions britanniques. La Grande-Bretagne connaît alors près d’un siècle de domination presque sans partage, avant que les USA ne lui ravissent cette palme au siècle suivant…

Conclusion

Les Etats-Unis d’Amérique sont nés. La Grande-Bretagne leur fiche la paix. Il leur reste à s’organiser, à conquérir leur (vaste) territoire, à l’étendre vers l’ouest, à l’apprivoiser… et à résoudre une question difficile qui ne pèse au-dessus de leur tête, telle une épée de Damoclès, que depuis trop longtemps : la douloureuse question de l’esclavage…

Le problème de l’extension des États-Unis vers l’ouest, au-delà des Appalaches, commence aussi à se poser avec acuité… Car avec leur indépendance, les tout jeunes USA héritent des terres de la réserve indienne jusqu’au Mississippi que Londres n’avait pas voulu toucher… mais dont ils ont bien l’intention, désormais, d’exploiter les richesses.

Pendant un siècle, les tout jeunes Etats-Unis d’Amérique, trop occupés à se construire, vont ainsi pratiquer un isolationnisme acharné… et s’attaquer à une tâche de taille : la grande Conquête de l’Ouest.

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Découvrez sans tarder le 3e volet de cette petite histoire des Etats-Unis sur mon blog.

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Texte: (c) Aurélie Depraz
Image : Pixabay


A découvrir aussi :

Sur cette période :

Histoire des USA, la Révolution (30min, puis ça boucle) : https://www.youtube.com/watch?v=FgUnC6VRnHA

Article détaillé : la Révolution américaine.

Article détaillé : Guerre d’indépendance des États-Unis

Film sur les guerres coloniales entre Anglais et Français (en l’occurrence la Guerre de Sept Ans) : Le dernier des Mohicans : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19418792&cfilm=7653.html

Histoire globale :

Un super résumé de l’Histoire des USA :

Un documentaire Arte 1h30 sur la Liberté au cœur de la construction des USA des origines à nos jours :

https://www.youtube.com/watch?v=RXylXsZgz9Y

Version très courte : https://www.youtube.com/watch?v=eWhbAYv8u3Q

L’Histoire des USA : une simple histoire de migrations successives, en fait (j’aime beaucoup les 3 dernières minutes, très touchantes) :

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