L'Histoire (la grande !)

Trésors de rue, trésors de mémoire : l’Histoire gravée dans la pierre

👉🖋️ NB : Cette anecdote est issue de mon ouvrage Bordeaux et le vin, 2000 ans d’Odyssée. 📚

L’odonymie bordelaise

Outre les traditionnels musées, ouvrages et autres visites guidées de rigueur lorsqu’il s’agit de découvrir l’histoire d’une région ou d’une ville, un merveilleux moyen de plonger dans l’Histoire réside dans les secrets de l’odonymie ; l’art, presque la science, plutôt méconnue d’ailleurs, de la toponymie des voies de communication et des espaces publics en général.

Celui qui, à Bordeaux, s’immergera, en digne archéologue, dans les études monumentales ayant été menées sur l’odonymie locale ne manquera pas d’en tirer une relecture fascinante de l’histoire de la ville, de ses victoires, de ses souffrances et de son évolution siècle après siècle.

C’est d’ailleurs en réalité un retraçage de l’histoire bordelaise tout entière qui mériterait d’être opéré à travers la seule toponymie de la ville. Une redécouverte passionnante, pas à pas, un véritable voyage dans le temps, et même la mise au jour de nombreux secrets jalousement gardés par les murs mêmes de la ville, gravés de noms depuis longtemps oubliés.

Bien au-delà des traditionnels noms de rigueur attribués, comme partout, à toutes sortes de maires, de notables, de négociants, de préfets, de médecins, de grandes familles locales, de professeurs, d’artistes, de généraux, de magistrats, de grands propriétaires et d’hommes politiques de tous bords, la rue des Vignes et la rue des Vignerons, toutes deux situées à l’intérieur de la ceinture des grands boulevards, vous rappelleront qu’à Bordeaux, la vigne jadis s’insinuait partout, jusqu’au cœur même de la ville (c’est d’ailleurs toujours le cas, de manière certes très symbolique, avec les fameuses « vignes du tram »). La rue de la Fusterie (fabrication de fûts) et celle des Faussets[1], pour leur part, sont de jolis vestiges d’une époque où des centaines de petits tonneliers étaient établis à Bordeaux même et servaient toute l’économie vinicole.

La rue des Argentiers (peuplée jadis de nombreux orfèvres), la rue des Bouviers (conducteurs de bœufs), celle des Bahutiers (spécialistes des malles, coffres et autres bahuts – une rue au lourd passif, soit dit en passant ; avant ce nom, elle porta ceux de rue de l’Enfer, rue du Puits-des-Juifs et rue du Petit-Judas) et celle des Faures (qui fait référence aux forgerons et autres armuriers de renommée qui la peuplaient), toutes situées dans le vieux centre-ville, reflètent pour leur part toute une économie issue d’un autre temps, de même que le vieux chemin de la Tuilerie et que de nombreuses autres rues aux noms éloquents, la rue du Port, la rue de la Verrerie, la rue du Moulin ou encore, dans la même veine, celles du Chai-des-Farines et des Fours.

En fouillant bien, en scrutant les anciennes gravures dans les pierres d’angle des rues et des bâtiments, le chaland repérera également, derrière la rue de Lhote, l’ancienne rue de la Salpêtrière (fabrique de salpêtre), la rue des Tanneries derrière l’actuelle rue De-La-Ville-De-Mirmont (les eaux de l’Audège, qui coulaient en cet endroit, étaient abondamment utilisées par la congrégation des tanneurs), le fossé des Salinières derrière l’actuel cours Victor-Hugo (un haut lieu de commerce du sel, longtemps appelé « saline », issu des marais salants du golfe de Gascogne, mais aussi de poissons salés péchés sur les côtes de France, d’huile de poisson, de morues, harengs, sardines ainsi que de produits laitiers et de savons importés), l’ancien fossé des Tanneurs (aussi établis sur le Peugue, ancien cours d’eau, désormais souterrain) derrière l’actuel cours Pasteur, la rue de la Vieille-Corderie derrière l’actuelle rue Leupold et l’ancienne rue des Épiciers derrière la rue du Pas-Saint-Georges.

Autant de témoignages de la vie (et de l’aspect) ô combien différents de la ville à l’époque médiévale, puis à l’époque moderne, et de la vie foisonnante, entre ville et campagne, qui y régnait.

Les fins observateurs ne manqueront pas non plus de relever les noms faisant référence au passé gallo-romain de la ville (rue du Palais-Gallien, rue du Colisée, rue Ausone…), les noms, toujours d’actualité, révélant toutes sortes de fonctions anciennes (quai de la Monnaie, rue de la Prévôté, quai de la Douane, rue du Commerce…) et, bien sûr, les innombrables références, typiquement médiévales pour leur part, aux anciens couvents, cloîtres et autres monastères qui peuplaient alors la ville (rues des Menuts, des Cordeliers, des Augustins, du Cloître, du Couvent, du Séminaire, du Noviciat, etc.), et toutes celles renvoyant, de manière générale, à la religion et aux anciennes églises paroissiales pourvues de cimetières (rue Sainte-Catherine, place Saint-Pierre, rue Saint-Rémi, quai Sainte-Croix, place Saint-Projet, place Saint-Michel…). Un riche patrimoine, on s’en doute, plus abondant encore dans le passé (derrière le cours Victor-Hugo se cachent d’anciens fossés des Carmes, derrière la rue Poquelin-Molière, l’ancienne rue des Petits-Carmes, et, derrière la rue Bergeret, la rue des Petites-Carmélites – entre autres).

Notons aussi la rue de la Coquille, fort fréquentée jadis par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle et, à ce sujet d’ailleurs, la rue Saint-James, l’un des pièges majeurs de la viographie bordelaise d’aujourd’hui, pour le visiteur (comme l’habitant) non averti. Un « James » qui, loin d’être britannique, renvoie en réalité au Jaime espagnol et gascon et donc, lui aussi, à Saint-Jacques-de-Compostelle (les pèlerins empruntaient cette rue pour gagner l’hôpital Saint-Jacques situé non loin). La rue s’étendant par ailleurs du Grand Marché au Collège de Guienne, on sait que le jeune Montaigne l’arpenta et, sans doute, s’y amusa… À intervalles réguliers, des coquilles Saint-Jacques surmontées d’un champ d’étoiles marquent le chemin de pèlerinage traversant la ville…

Le flâneur découvrira aussi, au gré de ses pérégrinations, que l’actuel cours d’Albret (du nom d’un maréchal de France du XVIIe siècle) s’appela un temps, sur ses deux segments, cours Messidor et cours Thermidor, avant de retrouver son nom d’origine pendant la Restauration ; et que la Révolution doublée de la Terreur, du reste, apporta à Bordeaux tout un florilège de noms nouveaux à toutes sortes de rues et de places (dont beaucoup retrouveront finalement, au fil des années et des décennies suivantes, leur nom d’origine, ou en acquerront un nouveau).

Ainsi exista-t-il à Bordeaux tout à coup non seulement une rue de l’Indivisibilité (rue de Rohan), une place de la Concorde (place Lucien-Victor-Meunier), une rue de la Délivrance (rue Judaïque), une rue des Nations-Libres (rue du Couvent), une rue Civique (rue Dufau), une place de la Liberté (place de la Bourse), une place du Marché-de-la-Liberté (actuelle place du Parlement, auparavant place du Marché-Royal), une rue de la Liberté (actuelle rue Fernand-Philippart, auparavant rue Royale), une rue de la Conciliation (rue Pierlot), une rue de la Haine-aux-Tyrans (rue Georges-Bonnac), une rue de la Régénération (rue Saint-Sernin), une place de la Convention (place de la Victoire, autrefois place d’Aquitaine), une rue de l’Égalité (rue du Parlement-Saint-Pierre), une place des Sans-Culottes (place Saint-Projet), une impasse Fraternité (le nom est resté), une place des Hommes-Libres (place du Séminaire), une place des Droits-de-l’Homme (place des Capucins), une rue de la Justice (rue Bouffard) et une rue du Triomphe (actuelle rue Candale), mais également, parmi bien d’autres, une rue de la Fidélité (aujourd’hui de La Boétie…), une rue de la Frugalité (toujours existante), une place de l’Opinion (place Rohan), une rue l’Immortelle (rue du Hâ), une rue Le-Français-Libre (rue Villeneuve), une avenue des Français-Libres (toujours existante), une rue de la Section-du-X-août (rue de Lalande), des fossés Marat (cours de l’Intendance), trois rues Vivre-Libre-ou-Mourir, (devise des amis de la Constitution de Bordeaux, berceau des députés girondins), une rue Ça-Tiendra, une rue Plus-de-Roi, une rue du Peuple-Souverain, une place des Piques et même… une rue J’adore-l’Égalité (rue Maubazon) !

Notons que la « rue de la Justice » (aujourd’hui rue Bouffard) était celle qu’emprunta, à des dizaines de reprises, la sinistre charrette du bourreau et des condamnés pendant la Terreur, conduisant les malheureuses victimes de la « justice » révolutionnaire depuis la Commission militaire (palais Rohan, actuel hôtel de ville) jusqu’à la place Nationale (actuelle place Gambetta). Une rue qui conserve également, on le sait moins quoique le fait fût rapporté par tous les chroniqueurs bordelais, le souvenir de l’abbé Langoiran, égorgé et décapité par les « égarés » le 14 juillet 1792, jour de fête nationale, et dont la tête fut, comme c’était la coutume, promenée sur une pique toute la journée avant d’être abandonnée dans la rue lorsque ses tortionnaires, las, décidèrent de s’arrêter boire une chopine bien méritée dans un cabaret voisin…

C’est également à cette époque moderne qu’est inaugurée cette tradition nouvelle qui consiste à donner aux rues le nom de personnages célèbres vivants ou morts afin de leur rendre hommage. Auparavant, seuls quelques illustres inconnus, des propriétaires, des notables habitant telle rue, de petits seigneurs, des bâtisseurs ouvrant de nouvelles voies, donnaient leur nom ou leur prénom aux nouveaux chemins, parfois de manière libre et anarchique – des noms totalement inconnus aujourd’hui pour la plupart. Ces noms de rue étaient alors essentiellement à but indicatif (ces individus ayant leur logis en ces lieux) et non à titre de glorification.

La mode consistant à donner des noms illustres aux artères ne naît donc vraiment qu’au XVIIe siècle (avec tout ce qui a trait au roi, au dauphin, mais également à quelques grands du royaume, comme Richelieu, Vauban ou aux grands intendants bordelais du XVIIIe, comme Tourny). Une mode changeant radicalement de ton et d’orientation avec la Révolution, où l’on efface tout ce qui rappelle l’Ancien Régime pour honorer des hommes grands, cette fois par leur mérite. Ainsi a-t-on alors vu fleurir, au sein du quartier des Grands Hommes par exemple, les rues aux noms de philosophes célèbres, Voltaire, Montesquieu, Rousseau et bien d’autres. Les célébrités, locales (gens de lettres, médecins…), mais pas que (les grands hommes de l’Histoire de l’humanité dans son ensemble sont les bienvenus aussi) viennent, pendant la Révolution, remplacer les anciens vocables religieux, aristocratiques et royaux.

Mais l’aventure continue. Après quelques étrangetés, parfois tendres (rue de l’Arbre-Chéri), parfois poétiques (rue du Cerf-Volant, d’après l’enseigne d’une ancienne boutique du XVIe siècle, rue de la Belle-Étoile, rue du Temps-Passé), parfois encore amusantes (ainsi la rue Maucoudinat, « mauvaise cuisine » en gascon, baptisée ainsi en raison de ses mauvaises auberges, de ses bouchers et de ses tripiers, et la rue Maubec, « mauvaise langue », peuplée jadis de regrattières ne rechignant pas, comme chacun sait, à jurer et à se crêper le chignon), voire incongrues (la minuscule rue de la Vache, sans doute la plus petite de la ville, aurait acquis son nom suite à l’échauffourée consécutive à l’évasion d’une vache d’un abattoir voisin), après aussi quelques mystères (comme la rue des Vivants, que personne ne s’explique vraiment) et deux, trois anecdotes (comme la très touristique et très commerçante rue des Remparts, jadis rue de l’Hôpital-des-Teigneux), l’altruiste s’émouvra de découvrir que le cours D’Alembert s’appelait jadis rue Neuve des Enfants-Trouvés (à partir du XIIe siècle, les enfants abandonnés furent recueillis au prieuré Saint-Jacques de la rue du Mirail), l’épicurien se régalera d’apprendre que le cours du Chapeau-Rouge, la rue des Trois-Conils, la rue des Trois-Chandeliers et la rue de la Pomme-d’Or doivent tous leur nom à d’anciennes auberges et hostelleries, l’érudit s’intéressera à la rue de Guienne (anciennement rue du Collège-de-Guienne, jadis peuplée d’humanistes) et le patriote sera ravi de découvrir à la fois une allée et une avenue Vercingétorix (entre autres curiosités). Le littéraire ne manquera pas de relever la rue Esprit-des-Lois, la seule en France, d’après Robert Coustet, auteur du Nouveau viographe de Bordeaux, à porter le titre d’une œuvre littéraire, les tintinophiles apprécieront l’esplanade Professeur-Tournesol et les comiques s’amuseront de découvrir comment, sur l’impulsion de riverains (parmi lesquels la veuve Goret, M. Jean Bonneau, M. Porcheret et M. Grouin), la rue des Truies fut rebaptisée rue Mauriac en 1829 (rien à voir avec l’écrivain, donc). Le pointilleux notera qu’il y eut, comme qui dirait, une « faute de frappe » rue de la Frugalité (gravée un peu trop précipitamment « rue de la Furgalité » d’un côté de la rue) et les pragmatiques l’ancien nom de la rue Teulère : rue Entre-deux-murs.

Quant à l’historien, il se régalera de découvrir combien les toponymes reflètent non seulement les spécificités de chaque quartier (certains authentiquement médiévaux, d’autres plus tardifs, d’autres encore très « XVIIIe »), et donc à la fois l’évolution et la croissance de la ville (via, par exemple, leur époque d’aménagement et de création), mais également l’évolution des mentalités et les divers régimes politiques successifs. Ainsi la rue Vergennes devint-elle la rue Bonaparte, puis le cours du 12 mars (1814, en commémoration de l’arrivée du duc d’Angoulême à Bordeaux en tant qu’émissaire de son oncle Louis XVIII), puis cours du XXX-juillet (1830) lors de l’arrivée au pouvoir Louis-Phillipe (rappel criant du remplacement des Bourbons par les Orléans). La place Jean-Jaurès fut, bien avant cela, place du Marché-aux-Vins puis place Richelieu. L’actuelle place Gambetta, pour sa part, fut autrefois successivement place Dauphine (Ancien Régime), place Nationale et place de la Révolution (fin XVIIIe), puis place du Roi-de-Rome.

L’actuelle rue du Docteur-Nancel-Pénard suivit pour sa part une évolution similaire, en étant d’abord rue Dauphine puis rue Nationale, avant de porter le nom d’un des martyrs bordelais de la Seconde Guerre mondiale, l’un des quelque cinquante à soixante déportés, fusillés, internés, torturés, héros et résistants de la Seconde Guerre mondiale honorés par un toponyme à Bordeaux même (sans parler des dizaines d’autres partout dans la métropole, plus de deux cents au total), avec Gabriel Péri, Marguerite Crauste, Roger Allo, Charles Domercq, Charles Puyo, Léon Paillères, Jean et Charles Pannetier, Jean Nogués, Laure Gatet, Georges Bonnac, Claude Bonnier, Manon Cormier, Lucien Duffau, André Degain, le Dr Albert Barraud et bien d’autres. Point regrettable : dans la plupart des cas, ici comme ailleurs, la plaque de rue ne supporte que le nom et le prénom de la personne honorée, sans donner les raisons justifiant cet hommage.

Sans oublier, bien sûr, la place Jean-Moulin, l’esplanade Charles-de-Gaulle, la rue du Corps-Franc-Pommiès et la place des Martyrs-de-la-Résistance, parmi de multiples autres références à la Seconde Guerre mondiale (cours de la Libération, terrasse du 8-Mai, boulevard du Maréchal-Leclerc, etc.).

Inversement, le nom du Maréchal Pétain, condamné au moment de l’épuration, disparut des plaques des rues bordelaises pour être remplacé, la plupart du temps, par celui du général de Gaulle, et ce en dépit de ses exploits militaires au cours de la Première Guerre mondiale (commémorée, pour sa part, on l’a vu, par le boulevard du président Wilson et le cours Georges-Clemenceau, mais également par le cours de la Marne, le cours de Verdun, le cours de la Somme, le cours de l’Argonne, la place de la Victoire, la rue du Maréchal-Joffre, la rue des Poilus-1914-1918, etc.)

Sur le plan de la commémoration politique, en revanche, certaines lacunes marquent cruellement le paysage bordelais. Aucune mention du Prince noir, fils aîné du roi d’Angleterre Édouard III, qui fit pourtant de Bordeaux la capitale d’une véritable principauté en son temps, ni du roi Richard II (d’Angleterre, toujours), pourtant né à Bordeaux en 1367. Certes, l’usage voulant donner le nom de grands hommes ayant marqué le paysage girondin ne devait être qu’ultérieur, mais l’odonymie du XXe siècle, avec son inventivité et son insistance à mettre en valeur les hauts faits de l’Histoire, aurait dû depuis longtemps remédier à ces lacunes historiques. Dieu merci, Aliénor d’Aquitaine a, pour sa part, bel et bien son propre boulevard – et de nombreux établissements à son nom. Acte politique, travail de mémoire, mission essentielle, la viographie permet d’inscrire sur le territoire et de manière pérenne le nom de ceux qui contribuèrent à forger la nation et, à l’échelle locale, de forger l’identité de la ville et de nourrir toutes les archives du futur. Et, pour l’historien comme le simple curieux, elle permet, bien au-delà des classiques références géographiques (cours du Médoc, route de Toulouse, cours de Bayonne, rue de Mérignac, cours d’Aquitaine…) et des grands noms habituels (grands auteurs, présidents…), de retracer, pavé après pavé, ruelle après ruelle, l’histoire des lieux et, peut-être plus encore, de s’imprégner de leur âme, de leur passé, et de tous les événements, tantôt glorieux, tantôt douloureux, tantôt simplement issus de la vie quotidienne, qui marquèrent chacune de leurs pierres.

« Flâner est une science, c’est la gastronomie de l’œil. »
► Balzac


[1] Petites chevilles de bois servant à boucher un trou percé dans un tonneau à l’aide d’un foret.

Texte : (c) Aurélie Depraz
Illustration : image libre de droit Pixabay

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