L'Histoire (la grande !)

Le tour du monde du « Bordelais »

Aujourd’hui, nouvelle anecdote bordelaise… autour d’un navire au parcours tout à fait exceptionnel, au siècle des Lumières…

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La grande aventure du Bordelais

Seul navire à voiles à avoir fait le tour du monde en partant de Bordeaux et en y revenant, le Bordelais accomplit son périple de 1816 à 1819 sous les ordres du capitaine Camille de Roquefeuil, troisième navigateur français à réaliser cet exploit après Louis-Antoine de Bougainville (1766-1769) et Étienne Marchand (1790-1792).

Affrété par Jean-Étienne Balguerie, connu sous le nom de Balguerie Junior, qui fut à la fois capitaine au long cours de navires de commerce vers les Antilles et la Chine, armateur de bateaux corsaires et d’expéditions négrières, enfin président de la Chambre de Commerce de Bordeaux et député de la Gironde, Le Bordelais est confié à Camille de Roquefeuil, excellent marin et grand meneur d’hommes, qui n’a cessé de guerroyer contre les navires anglais dans le cadre de la marine de guerre. Il a pour mission à la fois de corriger des points douteux des cartes marines et d’ouvrir une nouvelle route commerciale entre la France, l’Alaska et la Chine sur une base de troc de marchandises.

Le navire traverse l’Atlantique sans escale, passe le cap Horn, puis touche successivement le Chili, le Pérou, San Francisco, Nootka-Nitinat dans le Nord-Ouest américain, les Marquises, puis de nouveau l’Alaska, les îles Sandwich, Canton, avant de rentrer à Bordeaux par une route connue, en contournant l’Afrique.

Entre bois de santal et peaux de loutre, belles Tahitiennes et conflits, tribus hostiles et disettes, cannelle, sucre, vermillon, thé de Chine et fusils, l’aventure, exceptionnelle, ne s’avère guère rentable, mais permet une formidable moisson d’informations géographiques, ethnographiques et naturalistes. Véritable tour de force (en ce temps-là, un tour du monde réussi l’est toujours), la circumnavigation du Bordelais ouvre la voie à d’autres navires, d’autres armateurs et d’autres négociants bordelais, Le Quellec et Bordes au Chili, les Frères Denis en Indochine, Ballande en Nouvelle-Calédonie, tous cap-horniers… Et, politiquement, elle ouvrira la porte à la présence française dans le Pacifique…

Aujourd’hui, un « Détroit du Bordelais », entre deux îles des Marquises et une « Baie de Roquefeuil », en Colombie-Britannique, témoignent de cette aventure de trois ans hors du commun…

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Texte : (c) Aurélie Depraz
Illustration article : image libre de droit Pixabay

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